La victoire au sprint d’Olav Kooij sur la 5ᵉ étape du Tour de France 2026 ouvre un nouveau chapitre dans la construction de l’équipe DECATHLON CMA CGM. Elle vient concrétiser l’ambition portée depuis plusieurs mois de devenir une formation capable de rivaliser au plus haut niveau sur tous les terrains, aussi bien dans les sprints les plus relevés du calendrier mondial que dans la quête des meilleurs résultats au classement général. Cette capacité à performer dans l’ensemble des domaines du cyclisme constitue un pilier de la stratégie visant à atteindre le Top 3 mondial.

2026, l’année du virage à 70 km/h. Historiquement programmée pour le classement général, l’équipe DECATHLON CMA CGM franchit une étape décisive dans son évolution avec la création d’une cellule sprint capable de performer au plus haut niveau mondial. Recrutement d’experts, analyse de données et tactiques affinées : l’objectif est désormais de peser sur la course du premier au dernier kilomètre, sur tous les terrains et notamment celui des sprints.

I. Une genèse née d'une ambition globale

L’équipe change de dimension. Plus qu’une simple cellule technique, ce projet incarne le reflet d’une dynamique nouvelle. Voilà les ambitions annoncées de l’équipe DECATHLON CMA CGM en début d’année, par Dominique SERIEYS, Directeur Général : “Nous abordons cette nouvelle saison avec une ambition claire : nous installer durablement parmi les meilleures équipes mondiales et démontrer que l’équipe DECATHLON CMA CGM a désormais les moyens de jouer aux avant-postes sur tous les terrains.”

Et pour être performant sur tous les terrains, l’équipe a dû se renforcer avec l’arrivée de nouveaux coureurs et notamment en sprinteurs capables de rivaliser avec les meilleurs mondiaux, avec l’objectif de remporter des Monuments et des grandes courses WorldTour.

II. Un recrutement stratégique

L’équipe opère un virage pour devenir compétitive sur tous les terrains. Une décision mûrement réfléchie et durablement construite. Stephen Barrett, Head coach, nous raconte : “Le projet était en discussion depuis deux ans et est devenu concret au milieu de l’année dernière. C’est à partir de ce moment-là qu’on s’est lancé et qu’on a commencé le recrutement ciblé, à la fois des coureurs et du staff.” Et pour cause, l’équipe a voulu s’entourer des meilleurs des deux côtés. Côté coureurs, Olav Kooij, 24 ans et déjà 51 victoires, dont 1 récemment sur le Tour de France et 3 sur le Giro, et Tobias Lund Andresen, d’un an son cadet et déjà vainqueur à 3 reprises cette année au niveau WorldTour. “Avoir des sprinteurs de cette envergure change la dynamique. Nous avons maintenant un objectif de performance clair sur chaque course à laquelle on participe”, complète Stephen.

III. L'expertise ciblée de Mark Renshaw

Côté staff, l’équipe s’appuie sur l’œil de l’expert Mark Renshaw, directeur sportif, recruté spécifiquement pour la mise en œuvre des sprints. Il explique : “Le projet était déjà lancé avant que je m’engage. L’équipe avait déjà l’objectif de recruter de très grands sprinteurs pour être alignée avec ses ambitions.” Et il n’y a pas eu besoin d’argumenter trop longtemps pour convaincre Mark de rejoindre le projet : “Travailler avec certains des meilleurs sprinteurs du peloton, avec pour objectif d’aller gagner des courses au plus haut niveau, est extrêmement challengeant en tant que directeur sportif. C’est très motivant de pouvoir construire quelque chose d’exceptionnel pour les saisons à venir.”

Son expérience sur le Tour de France n’est également pas un atout à négliger : 10 participations, entre 2009 et 2019, lors desquelles il a été le poisson-pilote de Mark Cavendish, détenteur du record absolu de victoires sur la Grande Boucle.

Mark Renshaw raconte : “Mon rôle est spécifiquement axé sur la tactique et la mise en œuvre du sprint. Notre grand objectif est de gagner les plus grandes courses du calendrier et des étapes sur le Tour de France.” Jeune retraité des pelotons, il est également un atout majeur de confiance pour les coureurs : “J’ai été coureur récemment et cela me permet de mieux les comprendre”. Une association idéale sur le papier.

IV. L'anatomie du train : une hiérarchie précise

Maintenant que l’équipe DECATHLON CMA CGM possède dans ses rangs parmi les meilleurs coureurs mondiaux et un staff recruté en conséquence, il s’agit désormais de mettre en place le train et de travailler ensemble. Stephen Barrett raconte : “Nous effectuons différents exercices lors des stages, que ce soit en début de saison ou en cours de celle-ci, pour optimiser la position de chaque coureur présent dans le train.”

V. La science du dernier lanceur

Le poisson-pilote se retrouve régulièrement dans les premières positions du sprint au classement. Et pour cause : c’est le dernier à accompagner le sprinteur. Sans poisson-pilote, le sprinteur doit chercher les bonnes roues, perdre de l’énergie mentalement et physiquement. Alors qu’avec un poisson-pilote présent jusqu’aux derniers mètres, l’histoire est tout autre. Le coureur se positionne dans la roue de son coéquipier et n’a plus qu’à se concentrer sur son sprint. “Le rôle du dernier coureur est de lancer son sprinteur entre 250 et 150 mètres pour maintenir ou augmenter la vitesse” précise Stephen.

Dans le rôle de poisson-pilote d’Olav Kooij, récent vainqueur de l’étape 5 du Tour de France 2026, c’est Cees Bol qui a été choisi. Juste avant lui se trouve Daan Hoole, capable de se placer correctement et de frotter dans les derniers hectomètres de la course. Du côté de Tobias Lund Andresen, Tord Gudmestad a eu un rôle primordial lors de ses dernières victoires en ce début de saison 2026.

VI. Les trois piliers de la réussite tactique

Lors d’une course dite pour sprinteurs, il est parfois difficile de dégager un vainqueur. Sur le papier, 3, 5 voire 10 coureurs peuvent l’emporter. Une victoire au sprint révèle également une grande capacité tactique. Mark Renshaw explique : “Ce n’est pas toujours le coureur le plus fort qui gagne. C’est le coureur le plus intelligent, et qui a la meilleure équipe pour l’amener jusqu’au bout. Tactique, positionnement et travail d’équipe : ce sont les trois piliers qui font la différence.” C’est là que la préparation de la course et le briefing prennent toute leur importance : utiliser la visualisation pour connaître les passages clés de la course dans les derniers kilomètres et savoir exactement où il serait idéal de se placer.

VII. De la data au sprint : la préparation à haute vitesse

Il est impossible d’attendre le premier sprint de la saison pour se préparer à ce qui attend les coureurs : de la nervosité, des communications dans tous les sens, des coureurs qui frottent, et tout ceci à très haute vitesse. Alors, il convient de s’entraîner à cela et de simuler les sprints, ensemble. Stephen Barrett décrit : “Nous faisons du travail à haute vitesse derrière moto, dans la zone des 60 à 70 km/h, pour préparer les sprinteurs à ces vitesses.”

Il y a alors la théorie et la pratique : ce qu’on a imaginé sur le papier, depuis des mois, des semaines, devient concret lors des premiers entraînements ensemble. Les coureurs peuvent ainsi apprendre à communiquer entre eux, à analyser le langage corporel des coureurs, s’ils se sentent bien ou non, pour que tout ceci devienne fluide le jour de la course.

VIII. L'exigence physique : survivre à la montagne

On parle beaucoup de courses à étapes et notamment de sprints sur les Grands Tours mais pour être en mesure de sprinter, il faut aussi être capable de passer les étapes de montagne du mieux possible. Cette préparation spécifique à la montagne s’effectue plutôt dans la deuxième partie de saison, à l’approche des Grands Tours. Stephen Barrett raconte : “Un stage en altitude est réalisé avant chaque Grand Tour et c’est lors de celui-ci qu’on va intégrer des entraînements en montagne pour les sprinteurs.” L’objectif est simple : leur permettre d’être en mesure de passer les étapes de montagne dans les délais tout en préservant leurs qualités physiques nécessaires au sprint.

IX. La communication en course

En course, les coureurs possèdent des oreillettes pour communiquer avec le directeur sportif présent dans la voiture et recevoir les consignes. Mark Renshaw explique la nécessité stratégique de cet outil : “La beauté de la radio est de pouvoir mettre à jour la tactique durant l’étape selon l’évolution de la course.” Les coureurs communiquent également entre eux avec des mots très courts qui leur permettent de savoir où ils en sont, leur position, s’ils doivent avancer ou au contraire attendre. Par contre, Stephen Barrett indique : “à partir d’un certain point jusqu’à l’arrivée (qui dépend de la course), il n’y a plus de discussion à la radio.” Il y a en effet déjà assez de tension dans un sprint pour ne pas en rajouter dans les oreilles.

Cependant, la communication peut s’avérer très compliquée dans certaines circonstances. Mark Renshaw décrit : “Sur le Tour de France, il est très difficile de communiquer avec les bruits de la foule, même bien avant le sprint.”

X. Vision à long terme : apprendre ensemble

Les ambitions et les rêves sont grands, et nous avons déjà pu constater que la méthode fonctionne avec les victoires de Tobias Lund Andresen et d’Olav Kooij. Les coureurs vont continuer petit à petit à prendre leurs marques, à apprendre à se connaître de mieux en mieux pour viser encore plus haut. “Notre but est d’être l’une des meilleures équipes au monde dans ce domaine”, affirme Stephen Barrett.

Un train, des sprinteurs, un staff et une méthodologie d’entraînement adaptée aux ambitions de l’équipe DECATHLON CMA CGM. Et ce n’est que la première année d’une très belle histoire qui va s’écrire à haute vitesse. Restez connectés !