11 coureurs. C’est le nombre de talents issus de la relève présents dans l’effectif WorldTour en 2026. Aujourd’hui, près d’un tiers de l’équipe a grandi sous l’aile de la NewGen. Dans un cyclisme qui n’attend plus, où le talent explose de plus en plus tôt, notre structure s’est imposée comme une véritable rampe de lancement. L’équipe DECATHLON CMA CGM propose un cursus complet de formation, des juniors à l’équipe de développement, afin d’accompagner au mieux ses futurs champions. Guillaume Bonnafond, directeur de la NewGen, nous décrypte les piliers de cette philosophie, illustrés par le parcours de l’Américain Braden Reitz.

I. Une équipe attractive dès les rangs juniors

Le cyclisme a muté : les talents éclosent de plus en plus tôt. « La structure a été visionnaire dès le début en créant cette filière, cela a permis de capter beaucoup de profils prometteurs car nous étions parmi les précurseurs sur ces catégories », raconte Guillaume. Aujourd’hui, les coureurs sont repérés dès les années cadets, afin d’intégrer l’équipe développement d’une équipe WorldTour le plus tôt possible. “La catégorie juniors est devenue un marché agressif, tout le monde a peur de rater la pépite de demain”.

Alors, l’équipe a mis en place la filière NewGen depuis 2024. L’objectif est simple, repérer et accompagner les futurs champions, afin qu’ils intègrent l’équipe WorldTour en étant déjà préparés à courir au plus haut niveau. “C’est pour moi la meilleure équipe de développement du monde, et c’est pour ça que j’ai tout fait pour l’intégrer”, témoigne Braden Reitz, coureur actuellement en première année au sein de l’équipe développement, après avoir passé 2 ans dans l’équipe juniors. La NewGen constitue alors un cadre de développement humain et technique unique.

Quinze coureurs composent l’effectif junior, et 13 autres talents font partie de l’équipe développement. Avec l’arrivée de Guillaume Bonnafond en 2024, lui-même ancien coureur de l’équipe de 2009 à 2016, et issu du club formateur, l’équipe s’est davantage structurée : “mon arrivée a permis de remettre des responsabilités précises sur la partie entraînement et sur la partie direction sportive”. L’enjeu : accompagner ces ambitions précoces sans perdre les coureurs en route : “nous encourageons la pluridisciplinarité, étape clé pour le développement global de l’athlète avant l’accès au niveau supérieur.”

II. 100% des coureurs juniors suivent un cursus scolaire

Face à la pression du résultat, l’équipe a fait un choix fort : la patience. “Pour les juniors, on a fait le choix de les préserver et de les laisser dans leur environnement familial, afin qu’ils évoluent dans un milieu sain, conciliant éducation et sport de haut niveau.”  Et pour cause, la deuxième saison juniors est une année charnière pour les jeunes : examens du baccalauréat, gestion de sa vie d’adolescent et prouver sa valeur sportive. Et cela peut vite faire beaucoup pour un jeune de 17/18 ans. “Le point sensible, c’est qu’en juniors les coureurs jouent désormais une partie de leur carrière alors qu’ils n’ont pas encore terminé le lycée. C’est très jeune. Dans d’autres équipes, certains sont déscolarisés. Mais ici, ce n’est pas l’objectif.” Aujourd’hui, 100% des coureurs juniors suivent un cursus scolaire, et sont accompagnés par l’équipe pour mener à bien ce double projet : échanges réguliers pour adapter le calendrier de courses ou d’entraînements en fonction des grosses échéances scolaires. L’équipe les prépare également à leur avenir international avec des cours de langue à leur disposition, et c’est également ce qui a conquis Braden, américain, à rejoindre l’équipe : “j’ai terminé mes années lycée à distance pendant un an et demi tout en courant en Europe. C’était très facile à gérer car l’équipe est à l’écoute : l’an dernier, quand j’ai eu besoin de rentrer aux États-Unis pour voir ma famille, ils ont modifié mon programme de course immédiatement.”

III. L’intégrité au sommet des priorités

L’un des objectifs de la structure NewGen est de former des coureurs autonomes et responsables. Apprendre à être mature, à gérer sa nutrition ou sa mécanique, tout en restant acteur de son projet. « Côté staff, cet aspect formation nous séduit énormément car les jeunes arrivent un peu bruts, et on les voit gagner en maturité au fil des années pour devenir de vrais professionnels », raconte Guillaume Bonnafond.

Cette évolution est personnelle, mais aussi professionnelle avec l’entraînement, la nutrition ou la mécanique. Guillaume précise : « Le staff apprend aussi aux jeunes les bonnes manières et comment on se comporte dans le milieu. Il y a une vraie transmission de valeurs qu’ils gardent ensuite. En WorldTour, le vélo doit fonctionner presque tout seul et les coureurs ne se posent pas de questions. Ici, on leur apprend à être curieux, à entretenir leur matériel et à régler leurs dérailleurs. »

Pour Braden, qui vit dans la région et fréquente souvent le service course, cette proximité avec les experts de l’équipe est un levier majeur : « Avoir les entraîneurs, les mécaniciens, les médecins et la salle de sport au même endroit est un avantage énorme. Si j’ai le moindre problème ou une question sur mon matériel, tout est là. On nous donne exactement les mêmes outils que les coureurs du WorldTour pour nous permettre de progresser chaque jour et de valider les étapes les unes après les autres. »

IV. La continuité : une passerelle vers l’élite

Pour Guillaume Bonnafond, l’enjeu est la cohérence : « Je veux créer une continuité pour que le coureur ait la même philosophie et le même langage de ses 17 à ses 22 ans. » Cette transition entre Juniors, Continental et WorldTour est facilitée par des stages en commun et un calendrier planifié avec les directeurs sportifs pour respecter une progression réfléchie, sans jamais « boucher les trous ».

Braden, passé des Juniors à la Continentale, confirme cette fluidité : « L’atmosphère et le soutien sont identiques, ce qui rend le passage très naturel. Je cours aujourd’hui avec mes amis rencontrés chez les Juniors et j’intègre déjà certaines courses WorldTour pour apprendre auprès des leaders expérimentés. » Et ce succès repose également sur un staff passionné : « ceux qui travaillent dans la NewGen sont là par choix et non par défaut, parce qu’ils aiment l’humain et l’éducatif. »

V. La maîtrise du processus : les chiffres de la réussite

En 2026, plus de la moitié de l’équipe développement,  7 coureurs sur 13,  est issue des rangs Juniors. C’est la preuve que l’accompagnement, tant personnel que sportif, porte ses fruits. « On a accumulé tellement de données qu’on arrive aujourd’hui à évaluer très précisément les potentiels et leurs évolutions », précise Guillaume. Pourtant, la philosophie reste humaine : l’équipe est plus sensible à l’évolution globale de l’homme qu’à une simple ligne sur un palmarès.

Mais le talent finit toujours par parler. À l’image d’Antoine L’Hote, qui gagne dès sa première année en WorldTour sur le Région Pays de la Loire Tour après avoir suivi tout le cursus. Autre chiffre frappant : sur 6 coureurs promus dans l’équipe WorldTour ces deux dernières saisons, 4 ont déjà gagné chez les pros. Ce bilan flatteur s’enrichit encore avec la victoire, dès l’année passée, d’Aubin Sparfel, actuellement dans l’équipe développement mais futur membre de la WorldTour en 2027. Le point d’orgue de cette stratégie a été atteint sur Liège-Bastogne-Liège 2026, où 6 coureurs issus de la filière étaient alignés au départ, prouvant que la patience et la méthode mènent aux plus grands sommets.

En maîtrisant l’ensemble de la chaîne de formation, l’équipe DECATHLON CMA CGM ne se contente pas de recruter des coureurs : elle construit une culture. La structure NewGen n’est plus seulement une promesse, c’est le moteur de performance durable de l’équipe. Braden résume d’ailleurs parfaitement ce sentiment : « c’est sans doute le meilleur processus de développement au monde. On nous donne tous les outils nécessaires et un soutien incroyable pour atteindre notre meilleur niveau, sans pression inutile. »

En donnant aux jeunes le temps de devenir des hommes avant de devenir des champions, l’équipe s’assure que les victoires d’aujourd’hui ne sont que le début d’une longue lignée. La relève est prête, et elle parle déjà la même langue que ses aînés.