À plus de 10 000 kilomètres de la France, le Tour du Guangxi nécessite plusieurs mois de préparation. Acheminement des vélos et du matériel, formalités douanières, approvisionnement sur place : plongée dans les coulisses logistiques de l’équipe DECATHLON CMA CGM.
Les coureurs de l’équipe DECATHLON CMA CGM sont arrivés en Chine le 9 octobre. Pourtant, tout le matériel de l’équipe était déjà sur place depuis le 30 septembre, soit deux semaines avant le début de la course (13-18 octobre). Derrière ce décalage, plusieurs mois de préparation et un transport aérien à organiser.
I. L'impératif du calendrier administratif
Pour le Tour du Guangxi, dernière course par étapes du calendrier WorldTour, la préparation logistique commence plusieurs mois avant le départ. Julien Duval, directeur du pôle de la logistique sportive, en coordonne les différentes étapes. Cette phase initiale d’anticipation permet d’évaluer les spécificités réglementaires du pays hôte : visas, formalités d’importation et options d’approvisionnement local.
« On commence à ouvrir les dossiers cinq ou six mois avant », indique Julien Duval. « On fait déjà une première passe sur tout ce qui est passeport et visas à faire. Par chance, il n’y en avait pas à refaire cette année. Cela a simplifié toute la partie administrative. »
Les démarches s’intensifient ensuite environ un mois avant le départ.
Pour cette édition chinoise, une contrainte majeure imposait un calendrier strict : la fermeture des administrations locales du 1er au 7 octobre, à l’occasion de la fête nationale. Avec une arrivée du staff prévue le 9 octobre, impossible de prendre le risque de voir le fret immobilisé en douane. Les vélos ont donc quitté la France le 23 septembre, afin de garantir le dédouanement avant cette interruption et de conserver une marge de sécurité en cas d’imprévu.
II. De Lyon à la Chine
Pour le Tour du Guangxi, l’équipe s’appuie sur CEVA Logistics, filiale du groupe CMA CGM, pour organiser le transport aérien du matériel jusqu’en Chine et gérer les formalités douanières associées.
Avec une nouveauté : depuis 2026, l’équipe DECATHLON CMA CGM a opté pour des caisses de transport spécialisées, appelées flight cases. Inspirées de celles utilisées en Formule 1, elles permettent de protéger les 16 vélos des coureurs, les roues, les cadres de rechange et une partie du matériel d’atelier pendant le transport.
Déjà utilisées lors du déplacement en Australie en début d’année, ces caisses ont cette fois fait l’objet d’un suivi vidéo inédit. Ces images retracent les différentes étapes du trajet, depuis la préparation des caisses par nos mécaniciens au Centre de performance de l’équipe, à La Motte-Servolex, jusqu’à leur acheminement vers l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry. Le fret a ensuite pris la direction de Guangzhou, en Chine.
III. Importation temporaire et approvisionnement local : les bons arbitrages
La gestion logistique repose sur une distinction essentielle entre le matériel réutilisable et les produits consommables. « Mon rôle est de gérer le relais avec CEVA Logistics sur tout ce qui est soumis au carnet ATA » explique Julien Duval. « Les vélos, roues et tables de massage peuvent voyager sous le régime de l’importation temporaire, avec un carnet ATA qui facilite leur entrée dans le pays puis leur réexportation. » À l’inverse, les gels, les barres énergétiques et les huiles de massage destinés à être consommés sur place relèvent d’autres formalités d’importation, susceptibles d’entraîner des taxes et des coûts supplémentaires.
Pour simplifier les flux, l’équipe privilégie donc les achats locaux dès que possible. Les céréales, les flocons d’avoine et les produits d’épicerie courante sont achetés en Chine, explique-t-il, en recherchant des équivalents aux habitudes européennes. Le matériel de nettoyage des vélos peut également être livré directement sur place, en coordination avec les fournisseurs, notamment Muc-Off.
Certains produits spécifiques restent toutefois expédiés depuis la France, comme des barres nutritionnelles, dont la disponibilité ou les caractéristiques peuvent différer en Chine, ainsi que des briques de lait d’amande ou de soja, permettant de sécuriser les premiers jours. Au total, quatre glacières accompagnent le staff pour les produits et besoins prioritaires.
L’enjeu est autant pratique que sportif : après un long voyage et avec le décalage horaire, les coureurs doivent pouvoir retrouver rapidement leurs repères alimentaires. La barrière de la langue et les différences de conditionnement imposent ensuite une certaine souplesse dans les achats sur place. L’objectif reste de préserver autant que possible les habitudes nutritionnelles, sans transporter inutilement des marchandises disponibles localement.
IV. Une synergie d’expertises
La réussite de ce déploiement repose sur une coordination étroite entre l’équipe et CEVA Logistics, filiale du groupe CMA CGM. Son expertise logistique permet d’anticiper les contraintes opérationnelles et réglementaires, dans un environnement où les règles peuvent évoluer rapidement.
Plusieurs mois avant la course, les solutions de transport sont validées. Grâce à ce travail en amont, les mécaniciens et les assistants disposent d’un dispositif opérationnel dès leur arrivée en Chine. À plus de 10 000 kilomètres de la France, la performance ne dépend pas seulement des coureurs, mais aussi de cette organisation, fruit de plusieurs mois d’anticipation et d’une coordination étroite entre l’équipe et ses partenaires.









